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Né à la
veille du XXe siècle, Fiat est plus qu’un simple grand nom de l’automobile.
Diversifiant très tôt ses activités, la firme turinoise est devenue un véritable
empire industriel et financier en Italie.
Agnelli, doté d’une autorité naturelle de par son passé d’officier, prend rapidement l’ascendant au sein du groupe des “associés fondateurs” et devient en 1900, administrateur délégué avec pratiquement les pleins pouvoirs. L’une de ses premières décisions consiste à acquérir toutes les installations, les brevets et le matériel de Ceirano et de débuter très vite la commercialisation du véhicule. Homme d’action infatigable et visionnaire, Agnelli diversifie rapidement les activités de la jeune société en lançant la production de moteurs d’avions, de bateaux, de matériels ferroviaires, de motrices de tramways… Au lendemain de la première Guerre mondiale, Fiat, qui est déjà devenue la plus importante des entreprises de la Péninsule, poursuit son développement à un rythme encore plus soutenu. Dès 1921, les usines automobiles adoptent les normes de production standardisée tandis qu’Agnelli, devenu sénateur à vie, participe au renouveau économique italien. En créant des divisions électriques, chimiques, métallurgiques et de travaux publics au sein de la Fiat, il devient le premier employeur d’Italie. Depuis cette époque, la société jouera un rôle essentiel sur les plans économiques, sociaux et politiques et sera le véritable baromètre de la bonne santé du pays, prenant parfois l’ascendant sur un État qui a bien du mal à fonctionner.
Dans les
années 1925-1930, Fiat édifie ainsi de vastes complexes sidérurgiques et
hydrauliques, érige la station de sports d’hiver de Sestrières, construit
l’autoroute Milan-Turin… Le bel édifice est fissuré par les années de crise. Un climat insurrectionnel s’installe même dans les usines entre les violences des brigades rouges et les trafics orchestrés par les mafias. A la fin des années 70, Fiat possède un consternant double record : celui de l’absentéisme et celui de la productivité la plus faible d’Europe. Les pertes sont considérables et l’image du groupe est sérieusement égratignée par la piètre qualité de ses produits. Agnelli, impuissant, est tenté un temps, de tout abandonner. Toutefois, il repart à l’offensive en 1980 en nommant un homme de fer au poste d’administrateur délégué : Cesar Romiti. Investi des pleins pouvoirs, Romiti fait le ménage dans les usines, expulse mafieux et “guérilleros” dans un premier temps, puis réorganise la gestion, modernise la production en installant des chaînes robotisées. En cinq ans, entre 1981 et 1986, Fiat va augmenter son chiffre d’affaires de 44 % !
La bonne
santé de Fiat perdure dans les années 90 avec une gamme entièrement
renouvelée, le lancement de modèles audacieux comme le Multipla et une qualité
de production en constante hausse. Rassuré sur l’avenir de son Empire, Gianni
Agnelli songe cette fois à se retirer en 1996, et désigne comme dauphin son
neveu Giovanni. Une nouvelle tragédie frappe à nouveau la famille : le jeune
homme décède brutalement en 1998… Un drame qui, conjugué à une certaine
morosité des ventes de Fiat, va inciter Gianni Agnelli à reprendre du service
au sein de l’entreprise. Dès les premières années de son existence, Fiat participe aux compétitions routières et aux tentatives de records de vitesse. Avec l’arrivée dans l’équipe, de pilotes de talent comme Felice Nazzaro et Gianni Lancia, les succès ne se font guère attendre : victoire de Nazzaro au Grand Prix de l’Automobile Club de France en 1907, puis doublé Nazzaro/Lancia à la Targa Florio. Les années suivantes, le palmarès de Fiat s’enrichit de victoires à la Coppa Florio, aux GP d’Amérique, de France… Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Fiat réédite son succès à la Targa Florio en 1919. Puis il revient aux Grands Prix en 1922. Nazzaro, toujours là, enlève un nouveau GP de l’ACF, et Bordino s’impose au GP d’Italie. La saga Fiat en Grand Prix s’achèvera en 1927 avec un dernier succès au GP de Milan disputé à Monza.
Si des Fiat
de tous types furent régulièrement alignées dans les rallyes à partir des années
50, ces autos ne pouvaient cependant compter sur le moindre soutien de l’usine.
C’est en 1971 que Fiat effectue son retour officiel en rallyes en alignant une
forte équipe composée de Spider 124. Décrochant en 1972, une première victoire à
l’Acropole ainsi que le titre de champion d’Europe, puis enlevant deux autres
succès au Portugal en 1974 et 75, la marque affichera une rare constance qui lui
permettra de terminer seconde des championnats du monde 1973,74 et 75.
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